Le rendez-vous de la maison & du jardin · Édition de Juillet ·

Mulots au jardin : les remèdes de grand-mère qui font vraiment fuir

Un mulot peut creuser jusqu'à 2 mètres de galeries sous une plate-bande et vider un semis en une nuit. Pas besoin de sortir les pesticides : quelques plantes bien placées, une cuillère d'huile essentielle et un peu de patience suffisent souvent à régler le problème. On a testé plusieurs méthodes - certaines surprennent.

Plantes répulsives : créer une barrière vivante

La première ligne de défense, c'est le paillage botanique. Certaines plantes dégagent des composés volatils que les mulots fuient : la menthe (à planter en godets pour éviter qu'elle envahisse tout), la lavande, le romarin et la sauge forment une bordure olfactive très efficace. On les intercale entre les rangs de légumes ou on en plante en lisière de parterre. Les potagers mixtes, où l'on cultive par exemple des courgettes jaunes à côté d'aromates répulsifs, se montrent naturellement moins exposés aux infestations de rongeurs.

La capucine mérite aussi sa place : ses feuilles et racines contiennent des glucosinolates qui rebutent pas mal de rongeurs. Et en plus, elle fleurit bien. Deux pour le prix d'une.

Mon avis sans détour - J'ai planté trois pieds de menthe poivrée le long de ma cloture de potager au printemps. Les trous de mulots ont quasiment disparu cet été. Le seul bémol : la menthe repart partout si on la laisse en pleine terre. Godets obligatoires.

Huiles essentielles : le répulsif liquide fait maison

Les huiles essentielles de menthe poivrée, d'eucalyptus et de citronnelle perturbent l'odorat des mulots, qui guident leurs déplacements au flair. Le principe est simple : quelques gouttes diluées dans de l'eau (15 gouttes pour 500 ml), pulvérisées sur les zones de passage repérées à l'entrée des galeries.

Il faut renouveler tous les 3-4 jours, surtout après la pluie. Le tuteurage des plants autour desquels on pulvérise aide à cibler les bons endroits. Une petite bouteille de 10 ml suffit pour protéger un potager de taille moyenne pendant tout un été - comptez une vingtaine d'euros en pharmacie ou chez Naturalia.

Bon, après ça dépend vraiment de la pression de mulots. Sur un jardin qui jouxte un champ ou une haie dense, il faudra combiner plusieurs méthodes.

Pièges sans violence : attraper avant de relâcher loin

Si les plantes ne suffisent pas, les pièges vivants restent la solution la plus propre. On en trouve chez Leroy Merlin ou Botanic pour 6 à 12 euros : une cage à entrée basculante, quelqu'on appate avec de la cacahuète, du chocolat noir ou du beurre de cacahuète (bien plus efficace que le fromage, contrairement aux idées reçues).

On place le piège perpendiculairement à une galerie repérée, au ras du sol, à la tombée du soir. Les mulots sont surtout actifs la nuit. Vérifiez chaque matin et relâchez l'animal à au moins 500 mètres - sinon il rentre.

Il existe aussi une version encore plus basique : une bouteille plastique de 1,5 L coupée en deux, retournée pour former un entonnoir. On y glisse un appat et on la place contre un mur ou une bordure. Ça coûte rien, et sur un seul site de passage, le résultat est parfois étonnant.

Ultrasons : technologie moderne, résultats mitigés

Les répulseurs a ultrasons émettent des fréquences entre 15 000 et 25 000 Hz - inaudibles pour nous, perturbants pour les rongeurs. On les plante dans le sol ou on les branche sur secteur selon les modèles. Comptez 15 à 40 euros pièce selon la portée (de 150 à 800 m2 selon les marques).

L'honnêteté s'impose : les avis sont très partagés. Certains jardiniers jurent que ca chasse les mulots en deux semaines. D'autres n'ont rien vu. Les mulots s'habituent parfois aux ultrasons si la fréquence reste fixe. Les modèles à fréquence variable donnent de meilleurs résultats sur la durée. A utiliser en complément, pas comme seule méthode.

Rapaces et chats : les prédateurs naturels, vrais régulateurs

Un chat de jardin actif, c'est la solution la plus efficace et la plus durable - mais aussi la moins controllable. Certains chats ne chassent pas. Les mulots le savent d'ailleurs très vite.

Pour les rapaces nocturnes, la chouette effraie est une alliée de choix : elle consomme jusqu'à 1 500 rongeurs par an. Installer un nichoir adapté (format "effraie", entrée ronde de 15 cm, hauteur minimum 3 mètres sur un poteau ou un mur de grange) peut changer la donne sur le long terme. Les galeries de mulots traversent aussi les massifs de plantes à bulbe : si vous venez de transplanter un arum ou un autre rhizome, protégez la motte les premières semaines avec un grillage enterré. L'ADEME et certaines associations ornithologiques locales proposent des plans gratuits et parfois des nichoirs a tarif solidaire.

La régulation naturelle par les prédateurs, c'est le recépage de la chaîne alimentaire : elle n'agit pas en 48 heures, mais elle s'installe durablement. Et contrairement aux pièges a coller ou aux poisons, elle n'a aucun effet collatéral sur le reste du jardin.

Un jardin sans mulots du tout, c'est souvent un jardin trop propre - pas de haies, pas de zones naturelles. À l'inverse, un arbre ancien dont les racines créent de larges cavités souterraines peut héberger des colonies importantes : si vous envisagez de supprimer un arbre dont le système racinaire est envahissant, c'est souvent l'occasion d'observer l'ampleur des galeries en dessous. Un compromis se trouve quelque part entre "tout traiter" et "laisser grignoter en paix". On a tous un voisin qui y est arrivé autrement : demandez-lui sa méthode, elle vaut souvent mieux qu'un article.

Écrit par

L'équipe Almanach

On teste, on jardine, on bricole, puis on écrit. Des conseils de saison pour la maison, le jardin et la déco, vérifiés avant publication.

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